Theory Of Mind

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Internet ... pas si net !

Par Tom | jeudi 4 septembre 2008 | 00:22

Voici un "pamphlet" sur Internet que j'ai écrit en décembre 2005, il me semble toujours d'actualité.

Internet … derrière ce simple mot s’étend la plus gigantesque toile d’araignée du monde. Bien que virtuelle elle n’en est pas moins un piège gluant dont il est extrêmement difficile de sortir.

Aujourd’hui le web semble avoir toutes les réponses, y compris aux questions que l’on ne se pose pas. Et le problème est peut-être là : on y trouve tout, mais tout peut nous trouver en retour. A coup de bannières de publicité, de pop-ups, d’ads et même de spywares. Tous ces mots compliqués qui révèlent la face cachée de ce nouvel Eden du savoir. Si l’idée de base était le partage des connaissances et des expériences de chacun, la communication sans limite et une liberté d’expression jusque là inaccessible, ce doux rêve est vite revenu à la triste réalité, celle qui régit notre monde : l’argent.

Tout est sujet à redirection vers un site marchand ou proposant des services payants. Le temps du tout gratuit est déjà loin derrière nous. Et le plus alarmant est que l’emprise du web s’étend chaque jour un peu plus. Les foyers s’équipent, les jeunes ne parlent plus que par langage SMS sur des chats et autres logiciels de messagerie instantanée, qui les inondent de produits à acheter, de musique à écouter, de ce qu’il faut porter, ce qu’il faut être. La télévision a trouvé son maître, ici on parle même de personnalisation, car on traque les internautes à coup de cookies et de formulaires d’information que l’on est obligés de remplir, à des fins statistiques nous dit-on. Derrière se cache une intelligence lucrative qui archive les produits que l’on commande pour que la bannière de publicité envoyée au navigateur soit parfaitement en accord avec nos habitudes d’achat.

On nous épie, on nous traque, on nous stocke, on nous analyse et on nous classe. A l’insu de presque tous se met en place une gigantesque base de données des utilisateurs. Donne moi ton mail ou ton adresse IP et je te dirai qui tu es, ce que tu achètes, ce que tu aimes, les sites sur lesquels tu es allé, qui sont les gens que tu côtoies. Bien sûr ces données ne sont peut-être pas encore rassemblées dans une base commune. Mais qu’est-ce qui l’empêcherait ? Quelles seraient alors les limites ?

Mais le web n’est pas qu’une immense vitrine de produits, il est aussi un espace de rêve où chacun peut se créer une nouvelle vie, complètement virtuelle, mais pourtant bien réelle. Les rendez-vous galants s’organisent sur le réseau, dans de vastes supermarchés de la rencontre. Les femmes y sont reines car les hommes y sont dix fois plus nombreux. On y trouve des beaux, des moches, des grands, des marrants, des gentils, des chasseurs aussi, il y en a de toutes les couleurs, de toute sorte et pour tous les goûts. « Qu’est-ce que je vous mets aujourd’hui ma petite dame ? », rien de plus simple pour trouver celui que l’on veut, le système a même prévu un moteur de recherche très complet. Vous voulez un grand noir sportif qui aime les chats et écoute du Mozart ? Pas de problème, il suffit de cocher les bonnes cases et en quelques secondes une liste apparaît, a vous de faire votre choix.

Pour les hommes c’est un peu différent car les femmes, étant largement minoritaires, n’ont pas besoin de renseigner beaucoup d’informations pour que l’on s’intéresse à elles. En général, seule la photo suffit, car pour la plupart des mâles, sur ce genre de sites, c’est la seule donnée importante. Alors on s’envoie des mails, puis on discute sur le chat, puis via un outil de messagerie instantanée. On discute énormément, et on se livre, débridés par la facilité et la distance apportées par le clavier. On peut parler de tout caché derrière son pseudo, confortablement installé devant son écran. Pouvant à tout moment couper une conversation trop gênante en imaginant un bug ou une déconnexion.

Une fois la relation entamée, on scrute les images échangées ou le faux direct envoyé par la webcam de l’autre. Alors seulement on envisage une rencontre IRL comme on dit ... In Real Life... comme si nous n’étions plus dans la vraie vie à partir du moment où nous avons posé la main sur la souris … Irréelle Life ? Non, Internet ou pas, nous sommes toujours la vraie vie, elle est juste camouflée par un média tentaculaire qui nous laisse croire que l’on peut la maîtriser, la modeler à volonté. Certains se sentent tellement mieux dans le personnage qu’ils se sont créés à travers le net qu’ils ne veulent plus revenir à la réalité, ou en tout cas le moins possible. Passant chaque minute possible dans la peau de ce héros tant apprécié de tous ses amis virtuels idéalisés par ses propres fantasmes ou ceux des gens qui se cachent sous l’avatar. Car il ne faut jamais oublier que derrière chaque pseudo se trouve un être bien réel qui peut aimer, rire, charmer, mais qui peut aussi souffrir ou haïr, se dévoiler ou mentir, rester fidèle ou tromper. Mais il est souvent trop tard lorsque l’on comprend que la douleur, elle, est tout sauf virtuelle.

Tout est possible sur le web, on peut aussi bien trouver une banque ou un crédit pour une maison, qu’un grille-pain, un livre oublié, des amis perdus ou l’être qui partagera, si ce n’est la vie, au moins un moment de bonheur. La seule chose que l’on ne peut trouver c’est soi-même. Parce que l’on se perd dans la virtualité que l’on se créé.

Le pseudo, préservatif de la personnalité qui empêche les autres de nous voir tel que l’on est, ne dévoile que ce que l’on daigne montrer. Qui n’a pas inventé un détail ou un fait, qui n’a pas triché ne serait-ce qu’une fois en parlant à un autre sur le Net ? Celui qui ne le fait jamais doit savoir que les autres ne se privent pas, il faut donc impérativement s’imposer une distance avec tout cela. En fait, il ne faut se servir d’Internet que comme d’un outil pouvant faciliter la vie réelle, plutôt que d’y plonger pour espérer y trouver une plus belle vie qui ne serait, de toute façon, que complètement virtuelle.

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Critiques
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Internet Pamphlet
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Une réflexion sur la vie par F. Beigbeder

Par Tom | vendredi 29 août 2008 | 00:22
J'adore Frédéric Beigbeder, oh pas pour son grand corps maigre, je le préfèrerai plus petite et  plantureuse. Ce n'est pas non plus pour ce qu'il peut faire à la télévision, bien que "Le Cercle" sur Canal+ soit une bonne émission. Non je l'aime vraiment pour ce qu'il fait de mieux : boire ... euh non ... faire la fête ... non plus ... ah oui j'y suis : écrire bien sûr ! Cet écrivain est cultivé, s'exprime bien, a du style ... jusque là on pourrait presque dire : et alors ? C'est son boulot merde ! Certes, mais lui a SON style, ce qui de nos jours est devenu tellement rare que la prouesse est à saluer. Il sait manier l'humeur et l'humour, le jus de mots et les jeux de maux.

Si l'on m'obligeait à ne choisir qu'un seul livre de Beigbeder je ne choisirai pas, au contraire je ne pourrai que me révolter parce que, non mais franchement, c'est quoi cette règle à la con ? Alors sous prétexte qu'un écrivain a réussi l'exploit de pondre plusieurs bouquins de qualité il faudrait nécessairement choisir ? Non mais ça va pas ? Je n'ai aucune envie de finir comme l'âne de Buridan !

Bref, je voudrai parler de "Dernier inventaire avant liquidation", même si ce n'est pas son meilleur livre puisqu'il s'agit d'une critique des "50 livres du siècle" classés par un panel de français. Mais malgré ça, Frédéric Beigbeder nous montre tout son talent de critique, et au détour d'une page, on n'est jamais à l'abri de tomber nez à nez avec ce genre de texte qui vous fait l'effet d'une bonne grosse claque dans la tronche :

Vivre, c’est attendre qu’il nous arrive quelque chose : on croit tout contrôler mais en fait, comme dit Vialatte, « l’homme est un animal à chapeau mou qui attend l’autobus 27 au coin de la rue de la Glacière ». C’est tout. Et en plus il va peut-être se mettre à pleuvoir. L’homme est un animal angoissé qui, pourtant, ne peut s’empêcher d’espérer qu’il fera beau. Buzzati a transformé la métaphysique : s’il n’y a plus d’au-delà, alors à quoi sert la vie ? A n’attendre rien, mais à l’attendre quand même. L’art devient alors comme une longue patience. «  Il n’y a personne qui regarde, personne ne vous dira bravo » et, cependant, tout être humain est un héros qui se fait sans cesse poser des lapins par l’existence.

Extrait de "Dernier inventaire avant liquidation", de Frédéric Beigbeder, qui parle du "Désert des Tartares", une fable fantastique de Dino Buzzati.
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Ouverture du blog Theory Of Mind !

Par Tom | jeudi 28 août 2008 | 00:11

Cela faisait quelques mois que je n'avais plus ni blog, ni site, ni forum, ni la motivation d'en créer. C'est en discutant avec plusieurs personnes, qui je l'espère se reconnaîtront, que j'ai retrouvé l'envie de partager des textes, des critiques, de billets d'humeur, des analyses de l'actualité, des conseils, des pamphlets ... bref de discuter de tout.

J'ai trouvé un bon hébergeur alors je me suis lancé, et le blog "Theory Of Mind" est né.

J'ajouterai du contenu au fur et à mesure, mais comme le blog, le forum et le site sont en construction, il me faudra un peu de temps pour mettre tout ce que je veux en place et faire de "Theory Of Mind" un blog où l'on se plait à revenir.

Tom.

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